• Comment se construit la confiance dans le couple ?

La confiance est un peu comme un capital : au départ du couple, ce capital devrait être au zénith, mais l’usure et certains moments difficiles peuvent l’entamer. Il s’agit donc régulièrement de le renflouer, de le remettre à niveau. La confiance a donc parfois besoin de temps pour revenir à sa forme de départ ou plus haut si c’est possible. La confiance se nourrit de la vérité et de l’authenticité. Le couple peut vivre des coups durs, mais si le dialogue se fait dans la vérité, alors la confiance s’élabore au cours de la vie conjugale.

  • De quelle manière la confiance en soi influence-t-elle la confiance en son conjoint ?

La plupart des couples savent bien que si l’un des conjoints/ou les deux n’est pas / ne sont pas sûr/s de soi, il /elle aura de la peine à faire confiance en l’autre. C’est pour cette raison que c’est tellement nécessaire de travailler sur soi au lieu de « demander des comptes » à l’autre si on n’a fondamentalement pas cette « mesure » de confiance en soi.

  • Sans un engagement réciproque, la confiance mutuelle peut-elle se développer?

Si un engagement dans le couple n’est pas totalement réciproque, cela revient à laisser une faille possible dans le couple, faille qui risque de s’élargir à un moment donné de la vie conjugale où peuvent surgir épreuves, tentations, fatigues ou d’autres circonstances difficiles (maladie, etc.). L’engagement réciproque représente finalement ce qui fait qu’un contrat de confiance peut fonctionner.

  • La confiance mutuelle implique-t-elle d’être complétement transparent l’un pour l’autre ? Qu’est-ce qui est important de se dire ou ne l’est pas ?

Il y a sans doute un temps pour tout dire à l’autre, ce que l’on vit ce que l’on ressent, ce que l‘on pense. Mais dans certains couples où l’on a misé sur la carte de la transparence complète, le problème se pose quand l’un des deux « semble » ne plus être tout à fait transparent. Le moindre retrait pourra alors être pris comme quelque chose qui serait à cacher. En fait il est bon que chacun ait une petite part de « jardin secret » dans lequel il peut inviter l’autre à entrer de temps en temps. Du coup l’autre va y entrer sur la pointe des pieds et avec reconnaissance, et non pas avec une sorte de droit qu’il / elle aurait sur l’autre.

  • Comment renforcer la confiance mutuelle pendant les années turbulentes, où l’on a de la peine à trouver du temps pour son couple (lorsqu’il faut gérer éducation des enfants, activités professionnelles, agendas remplis etc.)?

On peut renforcer la confiance en établissant des petits « contrats de confiance, à savoir des petits moments où l’on sait que l’on va se trouver sans se masquer ni jouer un jeu, des moments peut-être momentanément peu nombreux (vu les circonstances) mais de qualité. La garantie de ces moments de retrouvailles peut encourager une complicité, des clins d’oeil, des moments de tendresse et d’attachement, de coeur à coeur.

  • Lorsque la confiance est mise à mal, par exemple si l’un des conjoints a surpris l’autre à flirter avec quelqu’un, comment retrouver le chemin de la confiance ?

En tout cas pas en renforçant la « surveillance ». Au contraire, il s’agit de retrouver les chemins du filet, comme en football, et ce n’est pas en renforçant la défense que ça va marcher. La confiance revient dans la perspective où le couple redevient attractif et sympa. Donc plutôt revaloriser les moments où la complicité du couple est remise en avant par des petites choses amusantes, piquantes, amoureuses… En réalité ces choses se reconstruisent mais c’est dans le temps, et avec beaucoup de travail pour laisser tomber les défenses et d’autres mécanismes qui se sont mis en place et ont abouti au flirt hors couple.

Christian et Virginie Reichel juin 2012