Trouver des relais familiaux

Evidemment certaines démarches de thérapie familiale ne peuvent être entreprises qu’auprès de spécialistes de la question, des gens formés et compétents ; attention, le diplôme n’est pas toujours une garantie, mais il existe fort heureusement dans notre société des personnes qui, en plus de leur formation, ont acquis (ou reçu ?) des capacités reconnues (ou des dons) pour aider les autres à s’en sortir. Mais avant le stade de la thérapie, n’y aurait-il pas des étapes intermédiaires où des familles -tout comme des couples- pourraient trouver aide et appui ? Cela signifierait par exemple que ces familles pourraient régulièrement s’enquérir de nouvelles idées, développant une créativité pour se sortir d’eux-mêmes de situations difficiles. Voilà donc l’idée d’un coaching de familles, mais non professionnel, offert par des couples et des familles qui seraient prêtes à fournir ces « relais » importants.

S'encourager dans un partage

Soyons clairs: il ne s’agit pas de dire à des familles en difficulté « voyez comment vous devez faire » ou encore « regardez comme nous nous en sommes bien sortis, tout nous a réussi » ! Ce genre de conseil du style « il n’y a qu’à… » remplit les cahiers moralisants et légalistes de la personne pédante et imbue d’elle-même qui oublie qu’en face d’elle il y a simplement quelqu’un qui souffre peut-être de ne pas parvenir à maîtriser son sujet. Combien de couples et de familles ne sont-elles pas culpabilisées d’être toujours « en dessous de la barre » des exigences d’une famille qui a réussi ? Dès lors, le coaching de famille consisterait davantage en un partage privilégié et respectueux où deux familles pourraient échanger dans l’amitié, des éléments porteurs d’ouverture et de nouveaux dialogues, plutôt que de solutions toutes faites.

S'adresser à des gens plus âgés

Parfois ce coaching se fait naturellement entre amis, personnes de la même génération ou des gens qui ont des enfants du même âge. Si ces amis parviennent à éviter le jugement sur la manière d’éduquer les enfants ou sur le comportement familial, alors le partage devient productif et permet réellement à chaque groupe familial de se sortir de situations pénibles. Mais si l’une des familles se montre « supérieure » et le fait sentir à l’autre, il est clair que la cible du coaching mutuel sera manquée. Cependant je préconiserais une autre forme de coaching qui me semble éviter ces pièges de la réciprocité : ce serait de trouver des personnes (si possible en couple ou qui auraient une expérience de couple et de famille) qui seraient d’accord d’être des référents pour les familles en besoin. Autrement dit, des pères et des mères spirituelles qui accepteraient de prêter une oreille attentive aux besoins des jeunes familles ou également des familles avec des ados (familles parfois bien chahutées). Normalement ce rôle incombait aux parents naturels… mais il arrive souvent que ceux-ci ne puissent plus offrir cette protection ou n’aient même pas les valeurs de leurs enfants. Vous sentez-vous une âme de coach ? Et si vous êtes en situation de besoin familial, oseriez-vous repérer dans votre cercle social ou d’église, un couple ou une famille plus âgée que vous verriez bien vous coacher un moment ?

Trouver les "oiseaux rares"

Ce programmesi c’en est un, paraît simple sur le papier, mais dans le concret est beaucoup plus difficile à réaliser. Tout d’abord parce qu’il n’y a peut-être pas assez de pères et de mères spirituels autour de nous. Et puis aussi parce que certaines personnes manquent de tact envers la jeune génération, donnant des leçons de morale là où il faudrait d’abord de l’écoute. Ajoutons à cela le fait que les générations plus jeunes se détournent de leurs aînés. Coacher des familles ? Pas si facile que cela, mais pas impossible. Des expériences ont été faites dans ce sens au sein de groupes sociaux, dans des églises aussi. Là on pourrait y trouver non seulement un coach mais des coaches… ou plus simplement… des amis compréhensifs !